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''Je ne regarde
pas le passé, il contient des regrets. Je ne regarde pas le futur, il contient des inconnus. Je ne regarde pas le présent, car je suis déjà assis(e) sur là-dessus. Je regarde plutôt le ciel,
l’Omnipotent Allah, afin qu’Il m’assiste, dans mon présent, à faire quelque chose de magnifique, qui vaille la peine que l'on s'en souvienne.'' .
Mamoudou KEITA
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Le peuple Malinke, Maninka ou Mandingue, est celui dont l'histoire a considerablement domine le Soudan d'hier et le Mali. En effet le nom de notre pays n'est-il pas
d'ailleurs une reference a cette brillante organisation etatique du Soudan occidental medieval ?
MILIEU PHYSIQUE
Il est difficile de determiner les contours precis du territoire malinke. Celui-ci comprend grosso-modo, la zone situee entre la haute vallee du Niger et les
affluents du fleuve Senegal autrement dit un triangle limite au nord par le plateau du Beledougou et le Bakoy (affluent du Senegal). Il s'agit d'une zone d'occupation couvrant entierement ou
partiellement les cercles de Kangaba, Kati, Bafoulabe et Kenieba.
Le Maninkala (zone de peuplement Maninka) est situe dans la partie nord en zone soudano-sahelienne et sub-guineenne. C'est le domaine de la savane arboree avec de
grands arbres de futaie et des galeries forestieres, parfois epaisses, occupant les fonds des vallees. Cette region se caracterise, sur le plan geographique, par la domination des Monts
Mandingues aux fascies tabulaires qui atteignent 500 a 600 m d'altitude.
Du point de vue hydrographie, le pays Maninka est le plus arrose du Mali. Outre le Niger avec ses nombreux affluents, dont l'important bras du Sankarani, la region
est egalement traversee par le Bafing, le Baoule, le Bakoy, tous affluents du fleuve Senegal.
Du point de vue climatique, la region beneficie de pluies tres importantes (700 a 1200 mm). La temperature moyenne annuelle depasse rarement 28°
HISTOIRE
Comme pour les autres groupes ethniques en general les donnees sur l'origine
des Maninka demeurent vagues, teintees de legendes et de mythes a la fois incoherents et contradictoires.
La tradition orale les fait venir d'Arabie (Pays du prophete de l'Islam), ou de la vallee du Nil. Les archeologues trouvent qu'ils font partie des peuples
negritiques qui, a la fin du neolithique, ont emigre dans les regions de savane plus humide ...
Mais ce qui est certain; c'est l'existence a l'epoque de l'empire du Ghana (considere comme le premier Etat structure au Sud du Sahara) d'une chefferie Maninka (sur
le haut Niger) qui, aux Xeme - Xleme siecle, etait vassale du ghana.
A la suite de la chute de cet empire, au Xleme siecle, le Manding entre sous tutelle du royaume de Sosso, qui s'impose a l'ensemble des dependances meridionales du
Ghana, sous la conduite d'un chef guerrier-forgeron, Soumaoro KANTE.
Mais au Xllleme siecle, Soundjata KEITA mit fin a cette hegemonie et fonda l'empire Mandingue.
Celui-ci, a son apogee au XlVeme siecle, regroupait les territoires compris entre le Sahara et la region forestiere d'une part, l'ocean Atlantique et la Boucle du
Niger d'autre part. Soundjata Keita, personnage mystique et legendaire, unificateur des Maninka, jouit meme de nos jours d'une grande renommee dans la memoire collective. Il est immortalise, en
particulier, par les detenteurs de la tradition orale; les griots.
Au XVeme siecle l'empire entra en pleine decadence suite a des luttes de succession. Progressivement l'etat Songhai prit sa releve sur le plan du leadership
regional Au XVIIIeme siecle, avec la montee du royaume Bamanan de Segou, le Mandingue fut reduit a sa petite province d'origine et ne parviendra plus a reconquerir son ancienne
puissance.
ACTIVITES DE PRODUCTION
Le pays Maninka est un foyer de peuplement tres ancien De ce fait il est habite par divers clans : familles "massaien" ou Keita (descendants de Soundjata),
'familles maraboutiques (Berete, Toure, Haidara, Fofana Sanogo), familles alliees volontaires des Keita (Traore ou Dembele, Kone, Camara, Doumbia Dagnoko, Coulibaly, Diarra. Sissoko, Kanoute ). A
cela il faut ajouter d'autres groupes ethniques : Peul, Soninke, Khassonke.
Selon une tradition orale encore vivante, "le travail de la terre a fait la grandeur du Manding et continue a faire la grandeur du Mandingue". Le celebre
traditionniste WaKa-missoko n'a t'il pas affirme que "si l'or permettait d'entretenir la cour royale, les fonctionnaires, l'armee, etc, les Maninka vivaient de leurs propres productions et
l'absence de famines contribuait beaucoup a la stabilite de l'empire" ?
La vocation essentielle actuelle des Maninka demeure l'agriculture,
principalement orientee sur les cereales : mil, mais, riz, fonio, auxquels sont associes l'arachide, le niebe, les tubercules (patate, igname). L'essentiel de la production est destinee a
l'autoconsommation. Compte tenu de l'importance de la pluviometrie, les recoltes sont en general abondantes. Le Malinke connait rarement la famine et lorsque celle-ci eclate, c'est la catastrophe
et la panique -generale, le rationnement etant un phenomene inconnu. Les Maninka pratiquent aussi les cultures commerciales, en particulier celle de l'arachide introduite pendant la periode
coloniale. D'ailleurs, ce produit represente la plus importante source de revenu. L'arachide vendue sert a payer l'impot les dots de mariage, l'habillement...
L'elevage de vaches N'dama, de moutons et de chevres reste sentimental. Le betail constitue une source de prestige, mais c'est aussi un tresor precieux auquel le
Maninka a recours en cas de difficultes; (famine, mariage, impot..).
Parmi les activites quotidiennes, la chasse occupe une place Importante. Elle s'explique par la tradition dans la mesure ou la chasse faisait partie de la formation
guerriere, mais aussi par la richesse de la faune.
Il existe au niveau de chaque village, une association des chasseurs dirigee par le "KUNGO-TIGI, le chef des terres et des eaux, qui n'est pas obligatoirement le
chef de village.
L'artisanat tout comme l'agriculture fait partie de la formation du Maninka. Des il est age de 7 ou 8 ans, les jeunes sont inities a la fabrication de paniers, de
balais, de vans... A l'adolescence, Ils se consacrent a la confection de nattes, de lits en bambou, de ruches... Quant aux filles et aux femmes, en plus des travaux de champs et de menage, elles
se consacrent a l'egrenage du coton a son cardage et a son filage. Ce sont aussi elles qui fabriquent le savon et le beurre de karite.
Certains travaux incombent seulement aux gens de caste.
Le forgeron s'occupe du travail du fer et du bois. Il confectionne les outils aratoires, les fusils et autres armes (couteaux, fleches, sabres.), et les mortiers en
bois. Sa femme a le monopole exclusif de la fabrication de la poterie et joue le role de coiffeuse.
Le cordonnier s'occupe du travail du cuir : fabrication de chaussures, de ceintures, le tannage des peaux, etc.
Le tissage incombait autrefois aux seuls esclaves. Mais, actuellement cette activite de saison morte est pratiquee aussi bien par les esclaves que par les
nobles.
SOCIETE ET MUTATIONS
La societe Malinke est divisee en trois categories:
- Les HORON ou TONTIGI (nobles) sont au sommet de l'echelle. Ce sont les representants des fondateurs de l'empire et de leurs allies. Ils sont
cultivateurs, chasseurs/guerriers et quelques fois commerçants.
- Les NIAMAKALA ou gens de caste, comprennent les NUMU (forgerons), les JALI (griots) et les GARANKE (cordonniers).
- Les JON (esclaves) sont composes en fait d'hommes actuellement libres. descendants d'esclaves. Ils, proviennent de butins de guerre, de razzia ou
de la vente.
Au sein de cette societe, un role est devolu a chacune des categorie. Les HORON, au sommet de la hierarchie operent les lignes de conduite de la communaute. C'est
de cette categorie que sont choisis les chefs de villages et leurs proches collaborateurs. Les hommes de caste ne sont pas moins importants. Le NUMU (forgeron) jouit de pouvoirs etendus. Il est
charge de la circoncision et sa femme de l'excision, etapes extremement importantes dans la vie du Maninka.
Le JALI (griot) est le conseiller des chefs mais aussi le mediateur dans les situations conflictuelles aigues. C'est aussi le depositaire de
l'histoire de la famille et du clan Savoir qu'il garde jalousement tout en l'enseignant aux generations montantes de façon a ce qu'il se perpetue. Les centres de Kela, Krina et Kita sont de
veritables ecoles de formation de JALI assurant ainsi la perpetuation de la tradition.
Comme son frere Bamanan le Maninka est un etre profondement croyant. Pour le Maninka, l'homme est d'abord une creature divine, entoure de forces surnaturelles
invisibles, contre lesquelles il doit se proteger de façon permanente. L'homme meme est constitue dune composante physique et dune composante psychique (l'esprit).
A la mort de l'individu, le corps physique est enterre alors que l'esprit a deja regagne le monde des ancetres, protecteurs de la communaute. A ce titre, ils ont
droit, de la part du patriarche,, au "soli', c'est-a-dire a la veneration des manes des ancetres afin d'eviter leur colere qui entrainerait des malheurs au sein de la communaute.
Les fetiches, senses proteger la societe contre les forces invisibles et les cataclysmes, font donc partie integrante de la vie quotidienne du Maninka.
Charlatans, geomanciens, guerisseurs et marabouts ont plus d'audience que les formations sanitaires existantes, car les premiers, en plus des cas de maladies, sont
consultes pour garantir une reussite, prevenir un malheur. Les societes secretes (Nama, Komo...) sont aussi la pour traquer les malfaiteurs de nuit ; les SUBAKA (sorciers). Chaque village Maninka
possede ses societes secretes qui regroupent pratiquement, tous les bras valides organises en classes d'age.
Les cases sacrees se situent dans le meme cadre. Elles renferment les fetiches chargee de la protection de la communaute. L'illustration typique est le KAMABLON de
Kangaba, qui d'apres la tradition orale 'abriterait des corans rapportee de la Mecque par les empereurs du Mali". La refection de ce sanctuaire a lieu tous les sept ans. Elle est l'occasion de
grandes fetes qui regroupent toutes les composantes Maninka
Les Maninka n'ignorent pas l'Islam, religion introduite dans la region probablement depuis le Xeme siecle ou meme avant, mais la pratique de cette religion importee
se limite aux cours royales. La grande majorite des Malinke resta sourde aux preches des quelques familles maraboutiques deja evoquees. La situation a tres peu evoluee, meme au XIXeme siecle,
avec El Hadj Omar, car dans la plupart des cas, il y eut des conversions occasionnelles a l'islam en attendant l'eloignement du conquerant.
Depuis la conquete coloniale, le catholicisme et le protestantisme s'ajoutent aux forces de croyance deja existantes. Le foyer le plus important en pays Maninka est
Kita. Ce fut la, qu'en 1889, fut mise en place la premiere mission evangelique du Soudan Français. Mais en general et comme chez son frere Bamanan , les religions importees ne sont pas parvenues
a aneantir le poids des pratiques ancestrales chez les Maninka, contrairement au milieux Peuls et Songhai par exemple.
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